Première destination de France, et des signes d'agacement en ville
Marseille a été la première destination touristique de France en juillet. Dans les rues comme sur les réseaux, les signes de défiance envers les visiteurs se multiplient.
Le classement est flatteur : Marseille a été, en juillet 2026, la première destination touristique de France. Dans les rues et sur les réseaux sociaux, pourtant, les signes de défiance à l'égard des visiteurs se multiplient. Les deux phénomènes ne se contredisent pas : ils procèdent de la même cause.
Ce que le succès produit
Une fréquentation record pèse d'abord sur les mêmes points : les calanques, saturées au point de nécessiter des jauges ; le Vieux-Port et le Panier, où la restauration s'aligne sur les prix d'une clientèle de passage ; et surtout le logement, où la location de courte durée retire du marché des appartements que les habitants ne retrouvent pas.
On n'en veut pas aux gens qui viennent. On en veut à ce que leur venue fait aux loyers.
La part économique
Le tourisme fait vivre une partie considérable de la ville : hôtellerie, restauration, transports, croisière, commerces. C'est aussi l'un des rares secteurs qui recrute sans diplôme et rapidement. Toute politique de régulation se heurte à cette réalité : freiner la fréquentation revient à toucher des emplois qui n'ont pas d'alternative immédiate dans les quartiers concernés.
Les leviers dont dispose la ville
- Encadrement des meublés touristiques — quotas par arrondissement et contrôle des déclarations.
- Jauges et réservation — déjà en place sur certaines calanques en été.
- Étalement de la saison — promotion du printemps et de l'automne plutôt que du mois d'août.
- Taxe de séjour — son affectation visible aux services du quotidien change la perception des habitants.
Le vrai sujet est le logement
Réduire la question à une opposition entre habitants et visiteurs manque l'essentiel. Ce qui alimente l'agacement n'est pas la présence de gens en short sur le Vieux-Port, c'est la difficulté croissante à se loger dans sa propre ville. Tant que ce point ne bouge pas, chaque record de fréquentation sera reçu comme une mauvaise nouvelle par une partie des Marseillais — et il sera difficile de leur donner tort.
Économie et port — écrire à la rédaction