« Deux fois plus qu'en 2022 » : l'ONF décrit le pire été des forêts provençales
Massifs fermés, mistral à 65 km/h, pluie quasi absente depuis fin mai : le directeur de l'agence ONF pour les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse parle d'une année qui double le record de 2022.
« On est sur une année qui est vraiment hors norme. C'est deux fois plus qu'en 2022, qui était déjà une année record. » Julien Panchout, directeur de l'agence ONF pour les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, ne cherche pas la formule prudente. L'été 2026 restera, pour les forêts provençales, le pire dont l'office ait le souvenir.
Ce que dit la météo
Le facteur central est l'absence de pluie : les précipitations sont quasiment inexistantes depuis la fin du mois de mai. S'y ajoutent des vagues de chaleur successives — quatre depuis le début de l'été — et le retour régulier du mistral, avec des rafales atteignant 60 à 65 km/h sur une large partie du département. Chaleur, sécheresse et vent : les trois ingrédients d'un départ de feu incontrôlable réunis pendant des semaines.
Trente départs de feu par jour au plus fort de la canicule. Aucun dispositif ne tient ce rythme longtemps.
Des massifs fermés, et pas seulement chez nous
Le 6 août, la préfecture a fermé au public l'intégralité des vingt-cinq massifs du département, classé en risque « très sévère ». Le Var fermait le même jour huit massifs, dont la Sainte-Baume et les Maures, en risque extrême. Plusieurs aires d'autoroute de l'A8 et de l'A57 ont également été fermées à la circulation.
Avant de partir en balade
- Vérifier chaque jour l'arrêté d'accès aux massifs publié par la préfecture : il change quotidiennement.
- Un massif « très sévère » est fermé y compris aux travaux et à la circulation.
- Aucun feu, aucun barbecue, aucune cigarette, y compris sur les aires aménagées.
- Signaler immédiatement toute fumée au 18 ou au 112 : les premières minutes décident de tout.
La sécheresse ne s'arrête pas avec la canicule
La vigilance orange canicule a été levée dans les Bouches-du-Rhône et le Var, les deux départements repassant en jaune. Mais la situation hydrologique, elle, continue de se dégrader : plusieurs communes sont passées en alerte renforcée sur les restrictions d'eau. C'est le paradoxe de cette fin d'été — les journées deviennent respirables au moment précis où la ressource atteint ses niveaux les plus bas.
Pour les forestiers, la question de septembre n'est déjà plus celle des flammes mais celle du bilan : combien d'hectares à replanter, avec quelles essences, et sur quel budget.
Provence et environnement — écrire à la rédaction