Dix serres détruites par la grêle, aucune assurance : « je dépose le bilan »
Éric Belletto, horticulteur de père en fils depuis cinq générations, a vu ses dix serres dévastées par l'orage de grêle du 25 juillet. Sans assurance, il se prépare à fermer.
L'orage a duré une vingtaine de minutes le 25 juillet. Il a suffi. Éric Belletto, horticulteur de père en fils depuis cinq générations, a vu ses dix serres dévastées par la grêle. Sans assurance couvrant ce risque, il s'apprête à déposer le bilan.
Pourquoi il n'était pas assuré
La question revient toujours, et la réponse est plus banale qu'on ne l'imagine : les primes pour les serres, dans une zone désormais exposée à des épisodes de grêle violents, ont atteint des niveaux que les petites exploitations maraîchères et horticoles ne peuvent plus absorber. Beaucoup ont fait le même calcul — payer chaque année une somme certaine contre un risque incertain — et ont choisi de s'en passer. Jusqu'à l'année où le risque se réalise.
Cinq générations. Ça s'arrête avec moi, à cause de vingt minutes d'orage.
Un modèle fragile
L'horticulture périurbaine marseillaise vit sur des marges étroites : foncier cher, main-d'œuvre saisonnière, concurrence des importations. Elle assure en revanche un service que personne d'autre ne rend — approvisionner les marchés et les fleuristes de la ville en produits qui n'ont pas voyagé. Chaque fermeture retire une capacité qui ne se reconstitue pas : remonter dix serres suppose un investissement que les repreneurs ne trouvent plus.
Ce qui existe comme filet
- Régime des calamités agricoles — ne couvre pas les cultures sous serre dans la plupart des cas.
- Fonds de solidarité départemental — mobilisable après reconnaissance de l'état de catastrophe.
- Report de charges sociales — sur demande, et sans effacement de la dette.
- Aide à la reconstruction — conditionnée à la souscription d'une assurance, précisément ce qui a manqué.
Ce que la saison a coûté ailleurs
L'orage du 25 juillet n'a pas frappé que cette exploitation : plusieurs serres et cultures du pourtour marseillais ont été touchées, dans une année déjà marquée par la canicule et la sécheresse. Les épisodes de grêle violents, plus rares ici qu'en vallée du Rhône, deviennent une variable dont l'agriculture provençale devra tenir compte — donc un coût que quelqu'un devra payer, soit en primes, soit en fermetures.
Économie et port — écrire à la rédaction