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Marseille · 12:05

La fresque de Jul, le rocher et le risque de chute

Depuis plus d'un an, des dizaines de fans escaladent un rocher sous Notre-Dame de la Garde pour photographier une fresque à l'effigie du rappeur. Les riverains alertent la Ville, qui se dit attentive.

Par Nadia Sitbon17 août 20264 min de lecture
Le rocher escaladé pour photographier la fresque, sans aménagement ni balisage.
Le rocher escaladé pour photographier la fresque, sans aménagement ni balisage. Le Mistral · illustration originale

« Il va y avoir un mort. » La phrase revient dans la bouche des riverains, et elle n'a rien d'une figure de style. Depuis plus d'un an, des dizaines de personnes gravissent l'un des rochers situés sous Notre-Dame de la Garde pour se photographier devant une fresque à l'effigie du rappeur marseillais Jul.

Un pèlerinage improvisé

Le terrain n'a jamais été aménagé pour recevoir du public. Pas de main courante, pas de balisage, une roche qui glisse dès qu'elle est chaude et des passages où la chute serait sérieuse. Les visiteurs, souvent jeunes, montent en tongs et redescendent à reculons, téléphone à la main.

On les voit passer sous nos fenêtres à toute heure. Personne ne leur dit que c'est dangereux.
Un habitant du secteur

La position de la Ville

Interrogée, la Ville de Marseille assure être « pleinement attentive à la situation ». La formule dit assez bien la difficulté : sécuriser le rocher reviendrait à officialiser un usage qu'on ne souhaite pas encourager ; l'interdire suppose des moyens de contrôle qui n'existent pas ; le laisser en l'état revient à parier sur la chance.

Ce qui existe ailleurs

  • Signalétique — panneaux d'avertissement en plusieurs langues sur les accès connus.
  • Déplacement de l'attraction — reproduction de la fresque sur un mur accessible en bas.
  • Sécurisation légère — main courante et marches, avec l'accord des propriétaires du terrain.
  • Fermeture — clôture et verbalisation, la solution la plus coûteuse à faire respecter.

Ce que ça dit de la ville

Marseille produit régulièrement ce genre de lieux : un décor non prévu devient un point de passage obligé parce qu'une image a circulé. Les calanques ont connu le même phénomène, avec les conséquences de fréquentation que l'on sait. La différence, ici, est l'échelle : un seul rocher, quelques dizaines de personnes par jour, et une décision que personne n'a envie de prendre avant l'accident.

Nadia Sitbon

Marseille et quartiers — écrire à la rédaction

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